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Transformation Agile

Mon premier Agile Tour Paris

Je vous partage ici mon expérience sur ma première participation à l’Agile Tour Paris 2019 qui s’est déroulée dans l’Espace Charenton (12ème arrondissement), le lundi 2 décembre 2019.

Ayant « loupé » l’Agile Tour Lille en octobre, j’ai eu l’opportunité de participer à celui de Paris avec deux collègues ScrumMasters, Ange ANE et Isabel FERNANDEZ. Sur place, j’ai eu la bonne surprise de croiser Bruno JOUET, un ancien ScrumMaster de l’équipe.

Ange et Nordine au salon Agile Tour Paris en 2019

L’un des objectifs de ce billet est de partager cette expérience pour celles et ceux qui souhaiteraient participer au prochain événement.  L’autre objectif est de partager quelques idées ou techniques récoltées sur place sur lesquelles nous pourrions échanger sur ce réseau, ou en direct sur l’un des sites du groupe.
La première étape de la journée consiste à choisir son parcours parmi les nombreuses conférences. J’ai privilégié le thème du management, largement abordé dans les conférences et ateliers. J’ai également préféré des « talks in French » pour m’assurer de comprendre toutes les subtilités des discours. Le programme complet est disponible sur le site officiel.
J’ai retenu les conférences sur l’innovation managériale, les KPI, Solution Focus, le manager Agile et l’Agilité dans le Hardware. Beau programme en perspective… Un discours de bienvenue, prononcé par Arnaud CHARPENTIER et Patrice PETIT, permet de prendre connaissance des sponsors de l’événement. Une parenthèse est ouverte sur le rêve d’une société plus Agile en faisant le parallèle avec le backlog du Président de la République et des priorités à fixer avec les StakeHolders. Le débat reste ouvert. Nous sommes invités ensuite à participer aux conférences.

Ma première conférence, présentée par Vanessa HUMPHREYS traite le thème de l’Innovation managériale

#ChangeManagement #Communication   Malgré un titre trop long, le discours est assez intéressant et parle de la dépersonnalisation du management. De retour en France, après un long séjour en Angleterre, Vanessa observe que la RH recentralise les fonctions de management (formation, carrière…). Le manager devient de plus en plus opérationnel. De plus, son ancien rôle de contrôleur est challengé avec l’arrivée de l’agilité. Le manager peut donc développer une autre compétence, l’innovation est une compétence recherchée.

Trois types d’innovateurs sont présentés :

  • Le manager Entrepreneur de StartUp,
  • le manager Intrapreneur, généralement celui identifié en entreprise,
  • le manager qui transpose un usage ou une idée existante dans son domaine.

L’importance du mode de communication est soulignée avec un petit quiz réalisé sur « l’état du moi ». Trois états sont distingués :

  • L’Enfant (soumis ou rebel),
  • l’Adulte (la posture que l’on devrait adopter en milieux professionnel dans les communications orales ou écrites),
  • le Parent (normatif critique ou nourricier).

Ce quiz démontre que lorsque 2 personnes adoptent des états différents, le risque de conflit est plus élevé. Lorsque la posture est d’Adulte à Adulte la communication est plus fluide.

Ma deuxième conférence, présentée par Jean-Sébastien SLADECEK aborde les KPI et les KBI.

#KPI #KBI #Gouvernance #Strategy
C’est ma conférence préférée. JS rappelle que les KPI (Key Performance Indicator ; Indicateurs clés de performance) sont souvent orientés autour de 3 axes principaux, le ROI (le retour sur investissement), les progrès réalisés, les prévisions.
JS nous rappelle également le revers de la médaille. L’illustration ci-contre se passe de commentaire.
Les KPI peuvent donc devenir un frein ou générer des comportements non souhaitables.

En partageant la définition proposée de la performance « Situation optimale afin que les individus qui composent une équipe aient la possibilité de s’exprimer à 100% de leur capacité ENSEMBLE », la question se pose sur le comment atteindre la performance et quels comportements attendons nous de nos équipes ?
JS insiste donc sur les KBI (Key Behavior Indicator : Indicateurs clés de comportement). Il faut garder l’objectif d’avoir des métriques dans un but d’amélioration continue. Le management visuel, basé sur ces indicateurs, est préconisé.

Plusieurs indicateurs sont intéressants à mesurer. En fonction des comportements attendus (ex : mieux travailler ensemble…), une multitude de KBI existe. Voici quelques exemples :

  • Mesurer l’entraide via le nombre de groupes de collaboration.
  • Mesurer l’écoute avec le nombre de cérémonie Agile, la fréquence, le taux de participation.
  • Mesurer l’amélioration continue avec le nombre de cérémonie de type Scrum Rétrospective et/ou le nombre d’actions d’amélioration fermées.
  • Mesurer l’ambiance de travail avec le nombre de rire, plus difficile à compter.
  • Mesurer la cohésion de l’équipe via le nombre de Team Bulding

 Certains indicateurs sont plus subjectifs que d’autres, mais la plupart sont exploitables.

JS rappelle que selon l’ancienneté de l’équipe, la maturité peut varier. Et le turnover de l’effectif impacte les KBI. Les modèles de TUCKMAN et LENCIONI sont rapidement présentés. La courbe d’apprentissage ne doit jamais être oubliée.

La gestion des risques reste de mise en mode Agile. Selon JS, lors de l’estimation de la vélocité, à 0% de risque l’équipe s’engage totalement, à 10% de risque d’erreur l’équipe prend une marge, et à plus de 10%, l’équipe doit préconiser un POC.
Une vidéo sur la performance et la confiance de Simon SINEK est ensuite diffusée (disponible sur Youtube). Celle-ci a amusé l’auditoire.
Toujours sur les comportements attendus, JS fait la promotion d’un outil existant du marché pour mesurer la performance : Office Vibe
Les principes fondamentaux (CORE PROTOCOLS) de Jim & Michele MacCarty ont été évoqués. Je ne les connaissais pas. C’est un sujet à creuser.
Enfin JS nous confie un dernier conseil : N’ayez pas peur d’afficher les FAILS. Les échecs sont des apprentissages. Sans échec pas de progrès.

Atelier « surprise » sur la communication animé par Catherine PAMPHILE

Je n’avais pas prévu d’y participer mais Catherine, présente dans la salle, a enchaîné immédiatement sur un atelier de communication. Je suis donc resté. Des groupes sont constitués. L’objectif est d’échanger autour des freins rencontrés par les coachs agiles sur le terrain dans les équipes.
Le réel intérêt était de constater que beaucoup des participants partageaient les mêmes difficultés. Parmi ces difficultés, l’évolution de la posture managériale dans la hiérarchie, sort du lot. Ce sujet est aussi abordé dans une autre conférence qui suit.

Ma troisième conférence présentée par Fabrice BLOCH aborde le SOLUTION FOCUS

#SERIOUSGAME #SOLUTIONFOCUS

Il s’agit ici du premier vrai Serious Game auquel je participe dans cette journée. Inspiré d’un vrai jeu de société, Fabrice nous fait jouer à tour de rôle du patron, ou des 6 membres de l’équipe de direction (directeur marketing, directeur distribution, directeur R&D…). L’objectif est de trouver, en moins de 10 minutes, un coupable pour l’échec d’un projet.
Le jeu est basé sur un jeu de cartes. Le DG a 6 cartes  »Tu m’ennuies », 6 cartes « Tu m’énerves » et une carte « Game Over ». Chaque participant, membre de la direction, pioche quatre cartes sur lesquelles se trouvent une excuse pour sa défense. Les participants doivent s’en inspirer dans leur discours puis accuser l’un de leurs partenaires pour passer la main, avant que le patron ne lui distribue une carte. En fonction de son argumentaire, le patron donne une carte en commençant par la carte « Tu m’ennuies ». Si il n’est pas convaincu, il passe ensuite à la carte  »Tu m’énerves » et une fois un coupable identifié, il peut enfin distribuer sa carte « Game Over ».
Ce jeu démontre qu’aucun participant n’a de discours positif et aucun ne tente de défendre l’idée du patron. Très rapidement, les participants se prennent au jeu pour trouver un coupable. La bonne humeur est de mise, et l’activité très vivante (avec de nombreux rires). La finalité du jeu est de démontrer que si l’on ne limite pas le temps sur la description du problème, nous passons plus de temps à chercher la cause ou le coupable plutôt que travailler sur la ou les solutions.
Fabrice présente ensuite un schéma qui illustre une théorie. Cette théorie indique que l’énergie qui entre dans une entreprise et provenant d’un environnement (client…) est réduite en sortant de l’entreprise. Une partie de cette énergie est consommée par les processus, et une partie seulement est réellement exploitée en activité pour le client.
Tout l’enjeu d’une entreprise est donc de réduire la consommation d’énergie non productive. Cette énergie peut être consommée par les conflits. Étonnamment, l’échange autour d’un café permet d’anticiper et réduire le risque de conflits. Les frontières entre les équipes, avec la hiérarchie, sont très énergivores et peuvent générer des tensions.

Le concept du SOLUTION FOCUS est décrit en 4 étapes devant être obligatoirement TimeBoxée (limitée dans le temps).

  • Etape 1 : Décrire la situation actuelle
  • Etape 2 : Imaginer le futur préféré
  • Etape 3 : Évaluer, sur une échelle de 1 à 10, ce futur préféré
  • Etape 4 : Passer à l’incrément

Pour en savoir plus, il est annoncé qu’une conférence sur le concept SFIO est planifiée le 4 février 2020.
L’orateur termine en présentant le Liquid Manifesto  co-rédigé par l’un des fondateurs du Manifeste Agile VANBENNNEKUM et LOPEZ. Le liquid Manifesto est présenté comme le step suivant après l’agilité. En résumé, le liquide se déforme à volonté. Dans un verre il prend la forme d’un verre, dans une bouteille, celui d’une bouteille. Cela peut prendre du temps. Par contre il ne doit pas changer d’état (gaz ou solide).

Coach Clinique animé par Natalia HELIE-SHILOVA

Une clinique Agile est installée au centre des locaux. Il est possible de prendre rendez-vous tout au long de la journée avec un  »Docteur Coach Agile » pour une consultation individuelle et traiter des questions spécifiques sur l’Agilité. Entre deux conférences, j’en profite pour consulter rapidement un Coach Agile au sujet des programmes de formation Agile. Natalia m’indique qu’il faut 2 ans de pratique pour passer les 4 niveaux : Facilitation, Entreprise, Transition et Dirigeant, A l’échelle. La formation est dispensée en 12 jours. L’un des membres de mon équipe a commencé ce parcours et d’autres vont certainement suivre. Dans de nombreuses conférences de l’événement, il est rappelé que pour une transformation Agile, la formation et l’accompagnement sont indispensables.

Ma quatrième conférence présentée par François SAGARZAZU et Reda KAHLAOUI a pour titre  »Comment embarquer le management dans le processus Agile » 

La conférence démarre en rappelant le rôle clé du management dans la transformation digitale. Lors du démarrage d’une nouvelle mission, les deux intervenants argumentent sur le fait qu’il est important de faire son propre diagnostic sur l’état des lieux pour éviter les écueils. Cette conférence est illustrée par de nombreux retours d’expériences en clientèle. Un exemple, avec l’un de leurs clients, illustre bien le risque pris, si le diagnostic se contente de celui dressé en interne. « Nous sommes déjà agiles, on fait du SCRUM mais on ne fait pas les cérémonies, c’est une perte de temps pour la productivité. »

e bruit généré par la salle voisine n’a pas rendu l’expérience agréable et les efforts de concentration, pour écouter le discours des orateurs, étaient importants. Un petit bémol dans cette journée, les deux salles la MIR1 et la MIR2 ne sont pas vraiment adaptées à l’événement. Je vous déconseille donc de choisir une conférence dans ces salles. En réalité, il s’agit d’une seule salle séparée par des cloisons mobiles qui laissent passer le son. Les salles étant équipées de micros et d’amplificateurs, je vous laisse imaginer le confort. Heureusement pour moi, toutes mes conférences, sauf l’une d’entre elles, étaient organisées dans les autres salles plus agréables.
Ce que j’ai cependant noté pendant cette conférence, c’est qu’il faut former et coacher les managers. La transition vers l’Agilité n’est pas naturelle.
A l’image d’un PRODUCT OWNER, le manager peut élaborer un Lean CANVAS (problème, solution…)  pour établir sa feuille de route et la partager avec son équipe.
A l’image d’un SCRUM MASTER, le manager peut aussi organiser une rétro de la transformation avec son équipe dans le but de chercher l’amélioration continue.
Quelques techniques sont évoquées mais pas très développées lors de la conférence :

  • Mooving Motivator by Jurgen Appelo
  • La roue de Fiutak by Thomas FIUTAK pour résoudre les conflits.
  • Technique de l’Elevator Pitch

La conférence ayant légèrement débordé sur le timebox, je quitte précipitamment cette conférence pour enchaîner sur ma dernière conférence.

Ma cinquième conférence Agile pour le HardWare présentée par Franck BEULE

#TEST&LEARN #IT #TITAN

Sujet qui m’intéresse particulièrement puisque mon équipe a été sollicitée récemment pour un accompagnement sur le projet de Cloud. 

Ici Franck nous explique que, dans le monde des constructeurs automobiles, l’agilité a été également adoptée. La transformation est beaucoup plus complexe dans le HardWare que pour le SoftWare.

Pour commencer, il souligne une erreur du manifeste Agile, que l’un des 17 signataires acquiesce, où l’on parle de SOFTWARE alors que le mot PRODUCT aurait été plus approprié. Cela permettrait d’avoir une quo-notation moins informatique et moins logicielle.
Cependant, Franck explique que le framework SCRUM ne peut pas être appliqué en l’état sur le HardWare. L’illustration est faite sur la durée du sprint, malgré les progrès techniques, il est difficile, voir impossible, à ce jour de pouvoir réaliser un incrément en 15 jours ou 1 mois. Selon Franck, trois mois est un délai beaucoup plus raisonnable. Pour une US, il est par contre possible d’utiliser le En tant que composant électronique…. Je souhaite que …. Le KANBAN sera privilégié au SCRUM. Mais il est indispensable de fixer une limite dans son Work In Progress (WIP) pour qu’il n’y ait pas trop de tickets en standby.
Les projets HardWare nécessitent énormément de compétences distinctes, les équipes nécessitent un effectif important et beaucoup d’interventions ponctuelles d’experts. Ce qui est difficilement compatible avec la préconisation de SCRUM qui fixe une limite de 3 à 10 personnes maximum dans une équipe. Cette règle est plus applicable sur le SoftWare car un développeur peut très facilement apprendre plusieurs langages et donc être beaucoup plus polyvalent.
Par contre, il est bien tout à fait possible de faire de l’agilité dans le HardWare. Le V (du cycle en V) est inversé en A comme Agile. Le Test Driven est tout à fait réalisable.
Côté référence sur la toile, un projet Agile est souvent évoqué sur le sujet de l’Agilité dans le HardWare : le wikispeed.
L’exemple de SPACEX est évoqué pendant la conférence pour illustrer le Test & Learn. Beaucoup de critiques autour de ce projet commentent les échecs successifs du lancement des navettes qui explosent les unes après les autres. Ce que généralement on oublie nous de dire, c’est que c’était prévu, et que cela coute moins cher et plus rapide que de faire une phase de spécification théorique. L’échec est le meilleur apprentissage.
Pour continuer sur cette thématique, Franck nous invite à se renseigner sur le projet TITAN (une plateforme industrielle DEVOPS).

La conclusion

n fin de journée, les activités étaient plus ludiques. J’ai passé un bon moment, même si je n’ai pas réussi à ramener au bureau la tulipe en chocolat que nous pouvions gagner en estimant son poids. Cette tulipe était offerte par l’éditeur du logiciel TULEAP. Ce logiciel opensource (qui intègre l’outil JIRA) permet de tout orchestrer, de l’idée à la livraison de version. Après la remise du prix, nous avons ensuite enchaîné sur 2 serious games d’Ice Breaker.

Le premier serious game est basé sur le Chifoumi (Papier, Pierre, Ciseaux). On commence en binôme au hasard, celui qui perd scande le prénom du vainqueur, qui rencontre un autre vainqueur et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus que 2 pour la finale sur le podium. Imaginez une cinquantaine de personne scander votre prénom, impressionnant ! Bon moyen dans un ice breaker de retenir les prénoms 😉 via la répétition. A noté que le challenge a été remporté par Pramesh VAIDYA, un Népalais, si si cet Agile Tour Paris est vraiment international.
Le deuxième permet de constater les performances de l’auto-organisation. La salle est séparée en 2 parties. L’objectif est de déplacer des boules le plus rapidement possible du fond de la salle au podium. Chaque boule doit avoir été touchée par au moins 10 personnes d’une équipe.
Notre équipe s’est très vite organisée en 2 files indiennes de 10 personnes qui se sont passées 2 boules à la fois, une dans chaque main. Une tentative, de 4 boules à la fois, a vite été abandonnée suite à la tombée de quelques-unes. Le défi a été remporté haut la main, via un très bon esprit d’équipe. Finalement, une belle journée bien remplie, je repars avec plein d’idée à expérimenter avec mon équipe, des REX que je pourrais exploiter au sein de mon entreprise, et des contacts que je solliciterais certainement pour approfondir des concepts. L’année prochaine je tenterais certainement de participer à celui de Lille, ou celui de Grenoble qui a la réputation d’être le plus important de France. Sinon il y a également les meetups gratuits, à proximité, en afterwork pour continuer à apprendre et développer des compétences Agiles.
Si vous aussi, vous avez participé à une conférence, un atelier, un meetup, partagez svp votre expérience avec la communauté Agile.
J’espère que ce billet de blog vous donne un bon aperçu de cette journée. N’hésitez pas à poser vos questions ou partager vos remarques en commentaire.

Agilement vôtre,

Nordine